Théatre du Mouvement

Claire Heggen – Théâtre du Mouvement

                                                                                           

Tout est dans peu – Etienne Decroux

Quelles sont les nouvelles ?

Après plus de 40 ans de co-direction artistique du Théâtre du mouvement, l’écriture du livre Théâtre du mouvement, sa parution et l’exposition à la Bibliothèque de France, Claire Heggen et Yves Marc décident de créer leur propre compagnie :

  • La compagnie Claire HEGGEN – Théâtre du mouvement, installée en région parisienne
  • La Compagnie Yves MARC – Théâtre du Mouvement, installée dans le Gers.

Aujourd’hui, avec la sidération corporelle et mentale occasionnées par une année mouvementée (Mouvement des gilets jaunes, les grèves, le covid, le confinement/déconfinement), il s’agit bien d’œuvrer de nouveau et remettre le corps à l’ouvrage, re-chercher, créer, inventer, transmettre.

La recherche:

– Suite à l’appel à projet de la DGCA : RECHERCHE EN THEATRE, CIRQUE, MARIONNETTE, ARTS DE LA RUE, CONTE, MIME ET ARTS DU GESTE en 2020, un dossier de candidature a été déposé, intitulé : « A la croisée du corps et de l’objet : Boîte à outils, expérimentations, lexique, philosophie ». Recherche sur les pratiques pédagogiques et la recherche patrimoniale, dans le domaine des Arts de la marionnette/Arts du mime. Il a reçu l’avis favorable du comité d’experts. Il donnera donc lieu à :

– Un mémoire sous forme d’abécédaire filmé en collaboration avec la Chaire ICIMA de l’Institut International de la marionnette et sera déposé au centre de documentation de l’IIM et mis en ligne, sur le Portail des Arts de la Marionnette (PAM) Charleville-Mézières et sur celui de SO MIM à Périgueux. L’équipe scientifique est constituée par Raphaèle Fleury, Sébastien Riou et Ariane martinez.

– Un article scientifique co-écrit en collaboration avec Ariane Martinez « Claire Heggen, du mime à la marionnette : transpositions et transmission » pour l’ouvrage collectif coordonné par Charlotte Foucher et Hélène Marquié, Genres et historiographie : transmissions, circulations et autres médiations.

Nos soutiens et partenaires sont : Le studio théâtre de Vitry – Bérangère Vantusso; le TJP Strasbourg – Renaud Herbin; La Nef à Pantin-Jean-Louis Heckel; Le théâtre Victor Hugo – Marie-Lise Fayet; l’Odyssée- Périgueux- Nathalie Elain.

En parallèle, en septembre 2021, à l’invitation d’Anne – Françoise Cabanis, le prochain festival mondial des théâtres de marionnettes recevra une conférence mise en scène intitulée « Boîte à outils, pom pom pom pom » (Titre provisoire) présentée trois fois. Elle donnera lieu à une captation vidéo également.

L’équipe artistique est composée de : Philippe Rodriguez-Jorda (marionnettiste), Cristof Hanon (marionnettiste), Elsa marquet Lienhart (actrice gestuelle et musicienne) et Claire Heggen. Christophe Loiseau, nous accompagne, pour les captations vidéo et les images.

Par ailleurs, la recherche continue sous forme de labos, et de participation à des rencontres, colloques et réflexions sur les Arts vivants (Université Rennes, ENS Lyon, La Manufacture Lausanne, etc).

La création :

« Laps », création surprise d’une forme courte, à l’occasion des dix ans du festival Mimésis, auquel Claire Heggen est invitée le 28 novembre 2020.

La Mise en scène :

– Compagnie Brazbazar avec Jérémie Abt et Bastian Pfefferli  « A temps ». Création automne 2021.

– Artiste indépendante à l’étranger : Yvonne Wiche « Rolling stories » 2020 ; « Nods we are made of » 2021, Norvège.

La diffusion des spectacles : Aeterna et Encore une heure si courte. Ces spectacles qui nous sont chers, continuent leur chemin et nous espérons les voir tourner encore longtemps, ainsi que les conférences (voir conférences).

La transmission : qui occupe une place privilégiée dans la compagnie et reste un de ses axes forts.

Les stages professionnels de la compagnie, le corps/scène, dirigés par Claire Heggen, sont reconduits à l’Embrasure à Montreuil. Les stages de week-end restent localisés au Théâtre de la Terre à Paris, et seront assurés par Claire Heggen et l’équipe pédagogique fidèle qui s’est constituée autour de la compagnie (voir artistes associés).

Transmission pour des formations professionnalisantes dans des Ecoles Nationales (ESNAM, le Lido, La maison du Conte) et internationales (Odin Teatret, Dresde), Conservatoires de théâtre et/ou de danse, ainsi que des Universités, des compagnies et des théâtres qui le demandent (La Nef, Odradek, Les créateurs de masques au Théâtre aux Mains Nues, Honolulu danse à Nantes) Sans compter la transmission pour des associations diverses et des amateurs.

Il va sans dire que certaines des thématiques développées par Claire Heggen, depuis les origines de la compagnie seront toujours d’actualité. Elles se sont approfondies et enrichies avec le temps: Musicalité du mouvement, animalité, relation corps/objet, dramaturgie gestuelle, Solo en chantier. D’autres thématiques ont vu le jour en 2019 : Corps usuel/corps fictif, Une pratique de l’altérité, Corps vivant/corps marionnettique, La musique des choses (de concert avec Elsa Marquet-Lienhart), Jouer avec la répertoire. Et, spécialement conçus pour le moment que nous vivons : Espaces d’espèce en déconfinement, et, Reprendre corps.

L’accompagnement artistique, des jeunes ou moins jeunes artistes professionnels, pré-professionnels, et amateurs, sera toujours à l’honneur, en mettant à leur disposition des outils d’analyse, des conseils pour aborder la composition, l’écriture et la dramaturgie, des modes opératoires, ainsi que des appuis techniques.

PHILOSOPHIE

Une esthétique des frontières, une poétique des franges

Si nous essayons d’identifier la problématique créatrice du Théâtre du Mouvement, on se doit de parler des frontières de l’art du mouvement, de l’art gestuel, de l’art théâtral qui sont autant de fascinations, de plaques vibrantes et inspiratrices. À l’articulation de ces frontières prennent naissance la sensibilité, la réflexion, I’entraînement corporel quotidien de l’acteur et du metteur en scène qui vont nourrir la création.

Au centre du travail, la démarche d’Etienne Decroux vers un acteur corporel et dramatique reste le haut lieu de nos références sensibles. Il a ouvert la voie d’un genre théâtral en dehors du mot où la formalisation poétique a autant, voire plus d’importance que la narration.

Il ne s’agit pas que le mouvement raconte la poésie, mais qu’il soit lui même poétique. Etienne Decroux

Cette parole est fondatrice de nos recherches. En fait, qu’il soit appelé danse ou théâtre, qu’il soit abstrait ou expressif, qu’il soit référencié ou non, nous sentons que le geste qui nous fascine est celui qui par sa poétique propre touche chez le spectateur des zones de sensibilité que lui seul peut appréhender.

C’est là que nous cheminons sur le fil du funambule entre le fïguratif et le formel. En cela, ne voulant pas reproduire les schémas traditionnels de la danse ou du théâtre parlé, les dramaturgies que nous mettons en jeu font appel à un certain type de récit qui est ; d’une part, fortement formalisé gestuellement (et la formalisation et sa poétique ouvrent des champs imaginaires non contenus dans le récit littéral) et d’autre part suffisamment référencié pour que le spectateur n’y perde pas pied.

Et dans cette perspective, nous ne nous sentons pas solitaires dans un monde où l’image prend une importance capitale et où les recherches de tous les arts visuels se faufilent entre l’expressionnisme et l’abstrait, le réalisme et l’imaginaire. Notre préoccupation se rapproche également, semble-t-il, des gens de théâtre contemporain, qui cherchent dans le mouvement et la voix un langage théâtral différent, des danseurs, qui après la vague abstraite sentent bien que le corps est porteur de signes et d’émotions. Ce champ créatif de langage et de dramaturgie mixtes dialogue également avec la marionnette et le théâtre d’objets d’une part, et le nouveau cirque d’autre part. Il trouve son identité dans l’intitulé des Arts du Mime et du Geste.


Crédit photo : Nicolas Treatt

Le corps à l’ouvrage, de l’art gestuel, de l’art théâtral